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Gérer les attaques d'altises au jardin

  • 25 juin
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 juin

Gros plan de feuilles , trouées par des insectes, altise sur roquette

L’altise est un petit coléoptère sauteur de 2 à 3 mm qui s'active dès que le thermomètre grimpe et que le temps devient sec. Sa présence se manifeste par une multitude de petits trous circulaires sur les feuilles, principalement chez les Brassicacées (roquette, choux, navets) et les capucines (Tropaeolacées). Sur de jeunes semis, une attaque massive peut bloquer la croissance ou détruire le plant en 48 heures.

En culture biologique, il n'existe pas de traitement curatif miracle à action immédiate. La gestion de ce ravageur repose sur une combinaison d'actions physiques, mécaniques et biologiques.



Si vous constatez une invasion soudaine et massive dans votre jardin en début d'été, l'explication est souvent à chercher dans les champs voisins. Le colza appartient à la même famille botanique que la roquette et les choux : les Brassicacées. Il sert de garde-manger géant pour les altises pendant tout le printemps.

Lorsque les cultures de colza arrivent à maturité, s'assèchent et sont récoltées, des milliards d’altises perdent instantanément leur habitat et leur source de nourriture. Volantes et affamées, elles migrent en masse vers les zones restées vertes et irriguées. Les potagers familiaux et les serres deviennent alors des oasis prioritaires pour ces insectes.


Comprendre le cycle de l'altise:

Pour stopper durablement ce ravageur, il faut cibler ses différents stades de développement :

  • L'hibernation et l'émergence (Printemps) : Les adultes passent l'hiver à l'abri dans le sol ou sous les débris végétaux. Dès que le thermomètre franchit les 15°C, ils sortent pour se nourrir et s'accouplent.

  • La phase souterraine (Début d'été) : Les femelles pondent leurs œufs dans le sol, au ras des racines. Les larves qui en sortent vivent cachées sous terre et se nourrissent des radicelles. À ce stade, leur impact visuel est invisible hors-sol.

  • L'explosion estivale (Juillet / Août) : Après nymphose dans le sol, la nouvelle génération d'adultes émerge massivement, rejointe par les populations migrantes des grandes cultures.


Les leviers d'action :

L’eau et la fraîcheur :

L'altise prospère exclusivement en milieu chaud et sec.

  • L'arrosage par aspersion : Doucher le feuillage aux heures stratégiques (matin ou fin de journée) fait chuter temporairement la pression. Les insectes cessent de se nourrir et sautent au sol. Cette action doit être répétée quotidiennement pour être efficace.

  • Le paillage systématique : Conserver un sol humide sous les cultures perturbe la ponte des femelles et ralentit le développement des larves, qui effectuent leur cycle dans la terre.

Les barrières physiques :

Pour les cultures hautement sensibles comme la roquette ou les jeunes choux, les solutions visuelles ou olfactives restent secondaires par rapport aux protections physiques.

  • Le filet anti-insectes : C’est la seule méthode efficace à 100 % si elle est mise en place dès le semis ou le repiquage. Le filet doit impérativement avoir des mailles inférieures à 0,8 mm. Il doit être parfaitement ancré au sol sur les côtés pour éviter que les altises ne s'y glissent.

Pièges jaunes et biocontrôle :

  • Les plaques de glu jaunes : Elles attirent visuellement l'insecte. Placées à ras du sol, elles capturent une partie de la population, mais elles servent surtout d'outil de détection pour évaluer l'intensité de l'attaque. Attention : ces pièges ne sont pas sélectifs et capturent également des insectes utiles.

  • Les nématodes (Lutte biologique) : En cas d'infestation chronique d'une parcelle d'une année sur l'autre, l'arrosage du sol avec des nématodes spécifiques (Steinernema carpocapsae) permet de cibler et de détruire les larves hivernantes ou printanières dans le sol.

  • Les plantes compagnes : L'utilisation de plantes fortement odorantes (comme la tanaisie ou la menthe) à proximité immédiate peut perturber l'odorat de l'insecte, mais cette méthode montre vite ses limites lors des pics de chaleur intense ou de fortes infestations.


Face à ce ravageur opportuniste, attendre l'apparition des premiers dégâts pour agir condamne souvent une partie des cultures. Pour limiter durablement l'impact des altises, la prévention avec un filet reste la vraie solution.

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